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16.09.2012

Sirène du large

Date : 16 septembre 2012

Catégorie : dialogues

Le 16 septembre 1943, naissait Alain Colas, navigateur français disparu en mer le 16 novembre 1978.

Consigne : rapconsigne,atelier,écritureportez la conversation entre un marin qui souhaite rester au port et un terrien qui rêve de prendre la mer.

00:05 Publié dans 09-Septembre, Dialogues | Commentaires (2)

Commentaires

- Pfff, il faut encore que j'y retourne.
- Oh, ce n'est pas la mer à boire !
- Tu dis ça parce que tu n'as pas les pieds sur terre. Viens-y voir, tu verras.
- J'aimerais bien moi aller voir du pays comme toi...
- Du pays, du pays, on ne voit que de l'eau !
- Et c'est ce qui te chavire ; prends ma place et laisse-moi la tienne.
- Avec ton pied marin de capitaine d'eau douce, tu sombrerais en moins de deux. Non, chacun à sa place et vogue la galère.
- Tu veux surtout te garder une femme dans chaque port...
- Encore une légende, quand on accoste, on n'a qu'une idée : éviter tous ces requins pires à terre que sur mer.
Dans le café du port, leur éternelle conversation divaguait sans cesse et se noyait dans l'alcool.

Écrit par : Robert Faune | 16.09.2012

-Alors, la pêche a été bonne ?

L'homme me regarde, esquisse une moue et s'en va de son pas chaloupé sans me dire un mot
Je le connais peu, mais tout en lui respire la mer avec ses habits raidis et délavés par le sel, imprégnés par l'iode et les embruns, il serait difficile de ne pas reconnaître en lui un besogneux de la mer, un vrai qui chaque jour va sonder sa féconde maîtresse
Je sais où ses pas le dirigent, je le suis, décidé à lui tirer quelques paroles. Piqué derrière le comptoir, il sirote une bière à petites gorgées, c'est sa récompense après le travail. Je commande la même chose et profite d'un regard pour lui dire :
- Qu'est-ce que je vous envie de partir ainsi chaque matin sur votre bateau, j'aimerais bien être à votre place !
Cette fois il me regarde fixement avec ses yeux aux paupières rougies, si bleus d'avoir regardé les flots
-Petit me dit-il, tu ne saitspas ce que tu dis, la mer vois-tu elle a bouffé ma vie, quand elle t'a pris elle te garde la garce, et tu trimes dur pour lui arracher de quoi vivre à peine
Mais, dis-je :
-C'est magique de naviguer, j'ai senti son appel lorsque j'ai embarqué jusqu'à Ouessant
Je crus qu'il allait s'étrangler avec sa bière tant il riait, visiblement il se moquait de moi
-Innocent que tu es, l'as-tu déjà vu en colère cette toute belle ? T'es-tu demandé si tu ne finirais pas avec les poissons ? Il est loin le port quand le bateau tangue, roule et s'enfonce dans des creux de dix mètres.
-Crois-moi, reste bien tranquille dans ton bureau, j'aimerais être à ta place, mais quand j'étais enfant ma voie était toute tracée par mes aînés et je n'ai pas eu le choix
Il cessa de me regarder et sembla se désintéresser de moi, alors, j'avalais mon verre, et dit en laissant quelques pièces :
-Patron, remettez une tournée pour monsieur !

J'avais de quoi méditer

Écrit par : f.jegou | 16.09.2012

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